Marché du meuble : la cuisine, seul segment en croissance face à un secteur toujours fragile

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À quelques jours de l’ouverture de Maison&Objet, qui doit réunir près de 1 700 marques à Villepinte du 10 au 14 septembre, les derniers chiffres du secteur dessinent un paysage à deux vitesses. Selon les données publiées par la filière professionnelle, le marché français du meuble a reculé de 1,8 % en 2025, pour s’établir à 13,6 milliards d’euros. Un repli nettement plus contenu que celui de 2024 (-5,1 %), mais qui cache une réalité contrastée : un seul univers est parvenu à progresser, celui de la cuisine.

La cuisine, seul segment en croissance

Sur l’ensemble de l’année 2025, le segment cuisine affiche une hausse de 2 %, quand tous les autres reculent : les sièges et canapés perdent 1,8 %, la literie 2,7 %, le mobilier de salle de bains 3 %, le mobilier de jardin 3,8 % et le meuble de rangement, le plus touché, jusqu’à 4 %. Cette exception s’explique notamment par le dynamisme des cuisinistes spécialisés et par un rattrapage des grandes surfaces spécialisées sur la seconde partie de l’année. Un paradoxe d’autant plus marquant qu’en 2024, la cuisine équipée avait pourtant été l’un des segments les plus pénalisés, avec une chute de 6,2 % à 3,7 milliards d’euros, plombée par un marché immobilier atone et des ménages hésitant à engager de gros investissements.

Le retournement observé en 2025 tient en grande partie à la reprise progressive des transactions dans l’ancien, qui relance mécaniquement les projets de rénovation de cuisine, poste de dépense souvent différé lors des premières années de crise du logement.

Un second semestre 2025 enfin positif

Au-delà du seul segment cuisine, c’est toute la seconde partie de l’année 2025 qui a surpris la filière : après un premier semestre encore négatif (-4 %), la période juillet-novembre a renoué avec une croissance de 0,5 %, du jamais-vu depuis fin 2022. Un frémissement fragile, comme le confirment les données disponibles pour 2026 : l’activité de février 2026 restait supérieure de plus de 25 % en retrait par rapport à 2021, et le mois de mai 2026 a même enregistré un recul de 6,9 %, le plus marqué de l’année. La reprise du marché du meuble reste donc à confirmer, comme le détaille notre précédent bilan sur les signaux positifs du secteur.

Côté circuits de distribution, seuls les magasins spécialistes progressent (+1,6 %), tandis que la grande distribution ameublement (-2,7 %), le bricolage (-2,6 %) et les pure players en ligne (-3,4 %) restent en repli. Un mouvement qui confirme la préférence des ménages pour un conseil de proximité, en particulier sur des achats aussi engageants qu’une cuisine sur mesure.

Un contexte macroéconomique encore tendu

Pour la filière, la question est désormais de savoir si cette embellie du second semestre 2025 peut se transformer en reprise durable. Les obstacles restent nombreux : un contexte géopolitique anxiogène pour les ménages, des arbitrages budgétaires toujours nécessaires, et une concurrence accrue des plateformes low-cost, notamment chinoises. L’OFCE table sur une inflation moyenne de 3,2 % en 2026 en cas de tensions accrues au Proche-Orient, ce qui pèserait directement sur le pouvoir d’achat et, par ricochet, sur les projets d’aménagement intérieur.

Dans ce contexte incertain, la rénovation de cuisine continue toutefois de faire figure de valeur refuge : contrairement à un canapé ou une table basse, elle reste perçue comme un investissement patrimonial, souvent financé en parallèle d’un achat immobilier. Une lecture qui rejoint les tendances déco observées à cette rentrée, où les intérieurs misent sur des matières durables plutôt que sur le renouvellement complet du mobilier.

Vers un marché plus responsable

Cette prudence budgétaire nourrit aussi d’autres habitudes de consommation. Le marché du meuble reconditionné, par exemple, continue sa progression, porté par des ménages soucieux de concilier style et sobriété. Comme le rappelle notre dossier sur cette tendance, ce segment n’est pas comptabilisé de la même façon dans les statistiques officielles de la filière, mais il capte une partie croissante du budget déco des Français, en particulier pour les pièces annexes à la cuisine comme la salle à manger.

Reste à savoir si Maison&Objet, dont l’édition 2026 est placée sous le signe du mouvement avec le thème « Pulse in Motion », confirmera cette dynamique. Le salon réunira sept grands secteurs, de la décoration à l’art de la table, où la cuisine occupe une place centrale dans les nouvelles collections présentées aux professionnels.

Questions fréquentes

Pourquoi le segment cuisine résiste-t-il mieux que le reste du mobilier ?

La cuisine bénéficie d’un effet de rattrapage lié à la reprise des transactions immobilières dans l’ancien, qui relance les projets de rénovation longtemps différés, ainsi que d’un regain d’activité chez les cuisinistes spécialisés sur la fin de l’année 2025.

Le marché du meuble est-il vraiment reparti en 2026 ?

Les signaux restent contrastés : après un second semestre 2025 positif, l’activité de février 2026 demeurait inférieure de plus de 25 % à son niveau de 2021, et mai 2026 a enregistré la plus forte baisse mensuelle de l’année, à -6,9 %.

Quels circuits de distribution tirent leur épingle du jeu ?

Seuls les magasins spécialistes progressent (+1,6 %), alors que la grande distribution ameublement, le bricolage et les pure players en ligne restent tous en recul sur la période.

Sources

Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale

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