Formation professionnelle en France : ce que la conjoncture change pour les salariés et les apprentis

Formation - EmploiFormation professionnelle en France : ce que la conjoncture change pour les salariés et les apprentis

Le marché du travail français traverse une période de tension inédite depuis six ans, et cette conjoncture rejaillit directement sur les dispositifs de formation professionnelle. Entre un chômage qui grimpe à 8,3 %, un financement de l’apprentissage revu à la baisse et un Compte Personnel de Formation de plus en plus contraint, salariés, demandeurs d'emploi et employeurs doivent revoir leurs stratégies. Voici ce qui change concrètement, et comment continuer à se former malgré des budgets resserrés.

Un chômage au plus haut depuis 2020

Au deuxième trimestre, le taux de chômage au sens du Bureau international du travail atteint 8,3 % de la population active, soit environ 2,7 millions de personnes, en hausse de 0,2 point sur le trimestre. Il s’agit de son plus haut niveau depuis 2020. La dégradation touche particulièrement les jeunes : le chômage des 15-24 ans progresse de 0,4 point sur trois mois pour atteindre 21,6 %, soit 2,5 points de plus qu’il y a un an. Chez les 25-49 ans, le taux grimpe à 7,5 %, son plus haut niveau depuis début 2021. Le chômage de longue durée n’est pas épargné : 671 000 personnes recherchent un emploi depuis au moins un an, 116 000 de plus qu’il y a douze mois. Autre signal inquiétant pour 2026 : les employeurs annoncent 2,275 millions de projets de recrutement sur l’année, en repli de 6,5 % par rapport à 2025.

L’apprentissage, moteur de l'emploi des jeunes, mais moins financé

Paradoxe de la période : l’apprentissage reste l’une des voies les plus efficaces vers l'emploi, avec 74 % des apprentis en poste sept mois après leur formation, contre 49 % pour la voie scolaire classique. Pourtant, l’enveloppe consacrée au financement de l’apprentissage recule fortement : elle s’établit à 2,16 milliards d’euros pour 2026, soit une baisse de 30 % par rapport à l’an dernier. Les aides à l'embauche sont revues à la baisse, en particulier pour les niveaux bac+2 et plus, et une contribution forfaitaire obligatoire de 750 euros par contrat est désormais exigée pour les niveaux bac+3 et au-delà. Un décret publié fin juillet restreint également l’aide au premier équipement pédagogique : elle est supprimée pour les niveaux licence et master, et son plafond est ramené à 300 euros pour les BTS et DUT, contre 500 euros auparavant. Résultat visible dès le premier trimestre : 70 400 contrats d’apprentissage ont été signés, un recul de 3,3 % sur un an.

Le CPF, lui aussi, se resserre

Troisième pièce du puzzle : le reste à charge du Compte Personnel de Formation a de nouveau augmenté, passant à 150 euros depuis le 1er avril 2026, contre 102,23 euros auparavant. Concrètement, pour une formation facturée 1 000 euros avec un solde de droits suffisant, le titulaire du compte ne pourra mobiliser que 850 euros de CPF et devra financer les 150 euros restants de sa poche, sauf si son employeur cofinance la formation. Les plafonds ont eux aussi évolué depuis le 26 février : les certifications inscrites au Répertoire Spécifique sont désormais plafonnées à 1 500 euros.

Comment continuer à se former malgré des budgets resserrés

  • Vérifier systématiquement si son employeur peut cofinancer une formation CPF pour éviter le reste à charge de 150 euros.
  • Privilégier les formations courtes et qualifiantes, dont le rapport coût/plafond reste plus favorable.
  • Pour les entreprises recrutant des apprentis, anticiper la contribution forfaitaire sur les niveaux bac+3 et plus dans le budget prévisionnel.
  • Se renseigner auprès de sa branche professionnelle, qui peut moduler les niveaux de prise en charge de l’apprentissage de plus ou moins 20 %.
  • Surveiller les dispositifs régionaux et sectoriels, souvent moins concernés par les coupes nationales.

Dans ce contexte budgétaire contraint, la vigilance sur les arbitrages économiques touchant la formation devient un enjeu direct pour les entreprises et services professionnels. Quelques astuces pratiques permettent toutefois de limiter l’impact de ces réformes sur son parcours professionnel.

Questions fréquentes

Le reste à charge du CPF peut-il être évité ?

Oui, si la formation est cofinancée par l'employeur ou par un autre organisme, le titulaire du compte est exonéré de la participation forfaitaire de 150 euros.

Pourquoi le financement de l’apprentissage baisse-t-il autant en 2026 ?

L’enveloppe globale recule de 30 % par rapport à 2025 dans un objectif de maîtrise budgétaire, avec des aides à l'embauche réduites notamment pour les niveaux bac+2 et plus.

La hausse du chômage touche-t-elle surtout les jeunes ?

Oui, le taux de chômage des 15-24 ans augmente plus vite que la moyenne nationale, atteignant 21,6 %, soit 2,5 points de plus qu’il y a un an.

Sources

Echos Plus
Le Cercle Points
Filiz.io

Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale

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