Acheter des cryptomonnaies depuis son appli bancaire : ce que change l’arrivée des banques traditionnelles

CryptomonnaieAcheter des cryptomonnaies depuis son appli bancaire : ce que change l'arrivée des banques traditionnelles

Acheter des cryptomonnaies depuis l’application de sa banque habituelle n’est plus un scénario de science-fiction. Le groupe BPCE (Banque Populaire et Caisse d’Épargne) a commencé à ouvrir le trading de bitcoin, d’ether et d’autres actifs numériques à une partie de ses clients particuliers, directement depuis leur espace bancaire. Une première en France à cette échelle, qui change la donne pour des millions d’épargnants qui n’auraient jamais ouvert de compte sur une plateforme crypto spécialisée.

Ce qui change concrètement

Le service est opéré par Hexarq, la filiale crypto du groupe BPCE, et déployé pour l’instant auprès d’environ deux millions de clients de quelques banques régionales (dont Banque Populaire Île-de-France et Caisse d’Épargne Provence-Alpes-Côte d’Azur), avant une extension progressive aux 25 autres entités régionales du groupe. Les clients concernés peuvent acheter et vendre bitcoin, ether, solana et un stablecoin (USDC) via un compte d’actifs numériques distinct de leur compte courant, pour un abonnement de 2,99 € par mois assorti d’une commission de 1,5 % par transaction.

Pourquoi les banques s’y mettent maintenant

Ce mouvement n’est pas isolé : il s’inscrit dans un cadre réglementaire européen désormais stabilisé. Depuis le 1er juillet 2026, aucune plateforme ne peut plus servir de résidents français sans détenir un agrément de prestataire de services sur crypto-actifs (CASP) au titre du règlement européen MiCA, délivré par l’AMF ou par un autre régulateur de l’Union via le passeport européen. Ce cadre, plus strict que l’ancien statut PSAN de la loi PACTE, a déjà écarté certains acteurs historiques de l’accès aux clients français et rassure au contraire les banques traditionnelles, habituées à ce type d’encadrement. Pour mieux comprendre ce basculement réglementaire, notre article sur ce qui change vraiment avec MiCA pour les plateformes et les épargnants détaille les nouvelles obligations imposées aux acteurs du secteur.

Le prix d’une fiscalité qui se durcit

Ouvrir un compte crypto chez son banquier ne change rien aux règles fiscales applicables aux particuliers. Depuis le 1er janvier 2026, la flat tax appliquée aux plus-values de cession de cryptoactifs est passée à 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux), sous l’effet de la hausse de la CSG. Autre évolution majeure : la directive européenne DAC8, entrée en vigueur le 1er janvier 2026, imposera aux plateformes agréées de déclarer automatiquement les transactions de leurs clients à l’administration fiscale, avec un premier échange automatique entre États membres prévu pour fin septembre 2027. Les détails de cette déclaration automatique, qui met fin à une grande partie de l’anonymat fiscal sur les cryptoactifs, sont expliqués dans notre article sur la déclaration automatique des transactions crypto par les plateformes.

Faut-il se lancer via sa banque plutôt qu’une plateforme spécialisée ?

L’argument principal de l’offre bancaire est la simplicité : pas de nouveau compte à ouvrir ailleurs, pas de transfert de fonds vers une plateforme tierce, et un interlocuteur déjà connu en cas de souci. La contrepartie est un choix d’actifs plus restreint que sur les plateformes spécialisées et des frais qui peuvent, selon le montant investi, s’avérer moins compétitifs qu’ailleurs. Pour les épargnants qui cherchent avant tout une diversification prudente de leur épargne, cette nouvelle option bancaire peut compléter plutôt que remplacer des placements plus classiques : notre comparatif sur le choix d’un plan d’épargne en actions donne des repères utiles pour situer la place de la crypto dans une allocation globale. Plus largement, les enjeux de régulation et de fiscalité qui entourent ce secteur s’inscrivent dans le même mouvement que celui observé sur d’autres marchés financiers, suivi de près dans notre rubrique Économie – Finance et dans notre rubrique Droit – Juridique.

Questions fréquentes

Toutes les banques françaises proposent-elles ce service ?

Non, à ce stade seul le groupe BPCE a lancé une offre de trading crypto intégrée à ses applications bancaires, et uniquement pour une partie de ses clients régionaux. D’autres établissements pourraient suivre selon l’accueil réservé à cette première expérimentation.

Les cryptomonnaies achetées via sa banque sont-elles plus sûres ?

Elles sont soumises au même encadrement réglementaire (agrément CASP) que celles achetées sur une plateforme spécialisée agréée. La différence porte surtout sur l’expérience utilisateur et la relation avec un établissement déjà connu, pas sur une garantie de capital, qui n’existe pour aucun actif crypto.

Faut-il déclarer ses achats de cryptomonnaies faits depuis son compte bancaire ?

Oui, les plus-values réalisées restent imposables au taux de 31,4 % comme pour tout autre support, et les plateformes agréées, y compris bancaires, seront tenues de transmettre les données de transaction à l’administration fiscale dans le cadre de DAC8.

Sources

Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale

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