Apprentissage en baisse, chômage des jeunes en hausse : ce que révèle la rentrée

Formation - EmploiApprentissage en baisse, chômage des jeunes en hausse : ce que révèle la rentrée

Fin 2025, la France a dépassé pour la première fois le cap du million d’apprentis en contrat. Mais derrière ce symbole, les derniers chiffres officiels racontent une autre histoire : les nouvelles signatures de contrats d’apprentissage reculent, et le chômage des jeunes repart à la hausse. Un paradoxe qui pèse directement sur les choix d’orientation de la rentrée.

Un recul inédit depuis dix ans

Selon les données de la Dares, 846 700 contrats d’apprentissage ont débuté en 2025, soit une baisse de 5 % sur un an – la première depuis plus d’une décennie. Le recul est encore plus marqué dans l’enseignement supérieur, avec -7,8 % de contrats signés. Malgré cette baisse des flux, le stock total d’apprentis en cours de contrat atteignait 1 017 493 au 31 décembre 2025, au-dessus de l’objectif gouvernemental du million.

Cette baisse des signatures s’accompagne d’une dégradation du marché de l'emploi pour les jeunes actifs : au deuxième trimestre 2026, l’Insee mesure un taux de chômage des 15-24 ans de 21,6 %, en hausse de 2,5 points sur un an, contre 8,3 % pour l’ensemble de la population active.

Pourquoi l’apprentissage marque le pas

Deux mécanismes expliquent ce retournement. D’abord, la réduction progressive des aides à l'embauche versées aux entreprises, qui avait artificiellement gonflé les signatures les années précédentes. Ensuite, le resserrement du financement : à compter du 1er octobre 2026, l’OPCO Atlas supprime la subrogation de paiement pour la plupart des dispositifs, obligeant les entreprises à avancer les frais de formation avant remboursement. Notre article sur le recul de l’apprentissage dans l’artisanat détaille déjà cette tension sur un secteur particulièrement touché.

France Travail resserre également ses critères de financement des formations depuis le 1er septembre 2026, avec six conditions cumulatives à remplir – finalité professionnelle, lien avec un métier, compétences mesurables notamment –, comme nous l’expliquions dans notre article sur le nouveau tri des formations financées.

Ce que ça change concrètement

Pour les familles et les jeunes qui préparent leur orientation, plusieurs points de vigilance se dégagent :

  • Vérifier que la formation visée répond bien aux nouveaux critères de financement avant de s’engager, au risque de voir une demande de prise en charge refusée ;
  • Anticiper une éventuelle avance de frais si l’entreprise d’accueil dépend d’un OPCO qui supprime la subrogation ;
  • Comparer les filières : le recul touche surtout le supérieur, alors que certains niveaux plus courts restent recherchés par les employeurs ;
  • Se rapprocher tôt d’un conseiller pour explorer les dispositifs de reconversion, notamment pour les publics adultes en transition.

Ces évolutions s’inscrivent dans un mouvement plus large de rationalisation des dépenses de formation professionnelle, déjà observable avec le tri opéré par France Travail. Notre dossier sur les jeunes ni en emploi, ni en formation, ni en études montre à quel point ces ruptures de parcours peuvent avoir des conséquences durables si elles ne sont pas accompagnées.

Pour suivre l’ensemble de ces évolutions, la rubrique Formation – Emploi de Kewego recense les principaux textes et décrets, tandis que la rubrique Economie – Finance permet de resituer ces chiffres dans le contexte budgétaire plus large.

Questions fréquentes

Pourquoi les contrats d’apprentissage reculent-ils alors que le nombre total d’apprentis reste élevé ?

Le stock d’apprentis en cours de contrat reflète plusieurs années de signatures cumulées. Ce sont les nouvelles signatures de 2025 qui reculent de 5 %, sous l’effet de la baisse des aides à l'embauche et du resserrement des financements, sans que cela efface immédiatement le stock existant.

Le chômage des jeunes augmente-t-il partout en France de la même façon ?

Non, la hausse touche l’ensemble des tranches d’âge selon l’Insee, mais elle est plus marquée chez les 15-24 ans (+2,5 points sur un an) que chez les 25-49 ans (+0,2 point) ou les 50 ans et plus (+0,3 point).

Un contrat d’apprentissage donne-t-il droit au chômage en cas de rupture ?

Oui, un apprenti dont le contrat est rompu peut, sous conditions, ouvrir des droits à l’allocation chômage auprès de France Travail, calculée selon la formule la plus avantageuse entre un pourcentage du salaire journalier de référence et un montant plancher journalier.

Sources

Insee – Informations rapides n°192, taux de chômage T2 2026
News Tank Éducation – Apprentissage : 846 700 contrats débutés en 2025 (Dares)
Benjamin Duplaa – Chômage des jeunes à 21,6 % au T2 2026

Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale

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