Depuis le 15 mai 2026, les huiles, gélules, infusions, bonbons et boissons au CBD ne peuvent plus être vendus en France. La Direction générale de l’alimentation (DGAL) applique désormais dans sa version la plus stricte le règlement européen « Novel Food », faute de données suffisantes sur l’innocuité du cannabidiol ingéré. Mais dans les quelque 2 000 boutiques spécialisées du pays, tous les rayons ne sont pas concernés de la même façon — et un recours est en cours devant le Conseil d’État. Voici ce qui change réellement, sans confusion entre ce qui est retiré et ce qui reste en vente libre.
Une interdiction ciblée sur l’ingestion, pas sur le CBD en général
Le fondement juridique de la mesure est le règlement européen 2015/2283 « nouveaux aliments » : toute denrée alimentaire contenant un ingrédient non consommé de façon significative dans l’Union européenne avant 1997 doit obtenir une autorisation préalable démontrant son innocuité. Or l’Autorité européenne de sécurité des aliments a confirmé, début 2026, ne pas disposer de données suffisantes pour statuer sur la sécurité du CBD ingéré. Résultat : la DGAL impose le retrait du marché de tous les produits alimentaires au CBD, qu’ils soient vendus en boutique spécialisée, en grande distribution ou en ligne.
Ce que la mesure ne touche pas : les fleurs et résines de CBD destinées à être fumées, ainsi que les e-liquides pour cigarette électronique, restent autorisés à la vente, sous réserve du seuil européen de 0,3 % de THC. Les graines de chanvre et leurs huiles, quand elles ne contiennent pas d’extraits de cannabinoïdes ajoutés, échappent également à l’interdiction.
Ce que doivent faire les commerces
Les boutiques ont l’obligation de retirer de la vente tous les produits alimentaires non conformes. Les contrôles se sont intensifiés en 2026 via les comités opérationnels départementaux anti-fraude, avec des retraits et des saisies possibles pour les vendeurs qui maintiendraient ces références en rayon. Pour la filière, qui pèse environ 200 millions d’euros en France, le choc est brutal : arrêt de la production, stocks invendables et incertitude sur la couverture assurantielle de ces pertes.
Un recours en cours devant le Conseil d’État
Le 10 juin 2026, l’Union des professionnels du CBD (UPCBD) et des organisations représentant les industriels du chanvre ont saisi le Conseil d’État : un référé-suspension pour obtenir un gel immédiat de la mesure, assorti d’une demande d’annulation sur le fond. À ce stade, aucune décision n’a été rendue publiquement et l’interdiction reste pleinement applicable. Rien ne permet donc, pour l’instant, d’anticiper une issue favorable à la filière : les commerçants et les consommateurs doivent composer avec la règle en vigueur, pas avec une hypothèse judiciaire.
Ce que ça change pour les consommateurs
- Une huile, une gélule ou une infusion au CBD achetée en France depuis mai 2026 est en théorie hors-la-loi à la vente — mais la détention pour un usage personnel n’est pas visée par cette mesure de retrait commercial.
- Les fleurs à fumer et les e-liquides restent en vente légale sous le seuil de THC autorisé.
- Un produit alimentaire encore proposé en boutique après le 15 mai 2026 doit alerter : il s’agit d’une non-conformité, pas d’une zone grise.
- La situation peut évoluer selon la décision du Conseil d’État : mieux vaut se fier aux annonces officielles de la DGAL qu’aux discours commerciaux des boutiques.
Pour suivre l’évolution de ce dossier et d’autres sujets de droit et réglementation, ou pour des conseils au quotidien classés dans notre rubrique vie pratique, l’équipe de Kewego continuera à faire le point à mesure que la procédure avance.
Questions fréquentes
Le CBD est-il totalement interdit en France depuis mai 2026 ?
Non. Seuls les produits alimentaires (huiles à ingérer, gélules, infusions, bonbons, boissons) sont retirés de la vente. Les fleurs à fumer et les e-liquides au CBD restent autorisés, sous le seuil européen de 0,3 % de THC.
Pourquoi cette interdiction intervient-elle maintenant ?
Parce que la DGAL applique désormais strictement le règlement européen « Novel Food », après que l’Autorité européenne de sécurité des aliments a jugé insuffisantes les données démontrant l’innocuité du CBD ingéré.
Le recours devant le Conseil d’État peut-il annuler l’interdiction ?
C’est l’objectif du référé-suspension déposé le 10 juin 2026 par les professionnels du secteur, mais aucune décision n’a été rendue à ce jour : l’interdiction reste applicable tant que le Conseil d’État ne s’est pas prononcé.