Le taux de chômage vient de franchir un nouveau seuil symbolique en France : 8,3 % de la population active au deuxième trimestre 2026, selon l’Insee, soit une sixième hausse trimestrielle consécutive et le niveau le plus élevé depuis l’automne 2020. Mais derrière cette statistique globale, un chiffre inquiète particulièrement les acteurs de la formation et de l'emploi : celui des jeunes NEET, ni en études, ni en emploi, ni en formation.
Selon les dernières données disponibles, 13,3 % des 15-29 ans sont aujourd’hui en situation de NEET en France, soit près de 1,5 million de personnes. Un chiffre en hausse de 0,3 point sur un an, et surtout largement au-dessus de la moyenne européenne, fixée à 11 %.
Un paradoxe qui interroge les entreprises
Ce chiffre a de quoi surprendre au regard d’un autre phénomène bien connu des recruteurs : la persistance de nombreux métiers en tension, où les offres d'emploi peinent à trouver preneur, notamment dans le bâtiment, la restauration, la santé ou les services à la personne. D’un côté, des entreprises qui ne trouvent pas de candidats ; de l’autre, une part croissante de jeunes durablement éloignés du marché du travail et des dispositifs de formation. Un paradoxe qui pousse de nombreux acteurs RH à revoir leurs méthodes de sourcing et d’accompagnement.
Sur le plan international, la France fait figure de mauvais élève : avec ses 13,3 %, elle se situe loin derrière les Pays-Bas (5 %), tandis que la Roumanie affiche le taux le plus dégradé d’Europe avec 19 %. L’Union européenne s’est fixé un objectif de ramener ce taux à 9 % d’ici 2030 – un cap dont la France s’éloigne plutôt qu’elle ne s’en rapproche.
Des profils de jeunes NEET très différents
Contrairement à une idée reçue, la catégorie NEET ne recouvre pas un profil unique. Les données disponibles distinguent plusieurs situations bien différentes :
- 31 % sont des diplômés d’une formation professionnelle en recherche d'emploi de courte durée
- 20 % sont sans diplôme et durablement éloignés de l'emploi
- 19 % sont des bacheliers en attente d’une orientation ou d’une place en formation
- 16 % sont diplômés du supérieur, mais toujours en recherche d’un premier poste
Cette diversité de profils illustre bien la complexité du sujet : la réponse à apporter n’est pas la même selon qu’il s’agit d’un jeune sans qualification en rupture avec le système scolaire, ou d’un diplômé du supérieur en transition entre deux étapes de son parcours. Une donnée mérite d’être soulignée : environ 23 % des jeunes actifs connaîtront au moins une phase de NEET au cours de leurs quinze premières années de vie active, ce qui en fait un phénomène bien plus répandu, et souvent plus temporaire, qu’on ne l’imagine.
Ce que cela change pour les employeurs et les organismes de formation
Pour les entreprises confrontées à des difficultés de recrutement, ce constat plaide pour des dispositifs d’aller-vers plus actifs : missions locales, écoles de la deuxième chance, immersions courtes en entreprise ou formations en alternance ciblées sur les métiers en tension. Plusieurs acteurs de la formation professionnelle misent désormais sur des parcours courts et qualifiants, pensés spécifiquement pour raccrocher les jeunes les plus éloignés de l'emploi plutôt que sur des cursus longs souvent perçus comme un obstacle supplémentaire.
Pour aller plus loin sur ces sujets, retrouvez nos rubriques Economie – Finance, Entreprises – Services Professionnels et Astuces – Tips, qui suivent régulièrement l’actualité de l'emploi et de la formation en France.
Questions fréquentes
Que signifie exactement le terme NEET ?
NEET est l’acronyme anglais de « Not in Education, Employment or Training ». Il désigne les jeunes qui ne sont ni scolarisés, ni en emploi, ni en formation, temporairement ou plus durablement en marge du système éducatif et du marché du travail.
Pourquoi le taux de NEET augmente-t-il en France en 2026 ?
La hausse s’inscrit dans un contexte plus large de dégradation du marché de l'emploi, avec un taux de chômage qui a atteint 8,3 % au deuxième trimestre 2026, son plus haut niveau depuis 2020. Les intentions de recrutement des entreprises sont également en recul pour cette année.
Tous les jeunes NEET sont-ils dans la même situation ?
Non. Les données distinguent plusieurs profils : diplômés en recherche d'emploi de courte durée, jeunes sans qualification durablement éloignés du marché du travail, bacheliers en attente d’orientation, ou encore diplômés du supérieur en recherche de leur premier poste. Les leviers d’accompagnement diffèrent selon ces situations.
Sources
- Insee – Taux de chômage au deuxième trimestre 2026
- 75 Secondes – Qui sont les jeunes NEET en France ?
- Journal du Net – Le taux de chômage atteint 8,3 % au deuxième trimestre 2026
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale