Piscines et gymnases ne sont plus les seuls terrains de jeu des sportifs franciliens. Une nouvelle enquête de l’Institut Paris Région sur la pratique sportive en Île-de-France montre que la forêt, la rivière et même la simple rue sont devenues des lieux d’entraînement à part entière, au même titre que les équipements classiques.
Une pratique qui déborde largement des salles de sport
Menée auprès de 2 500 Franciliens âgés de 18 à 75 ans sur leurs habitudes des douze derniers mois, cette enquête sur la pratique sportive des Franciliens (EPSF) confirme d’abord un niveau d’engagement élevé : deux Franciliens sur trois déclarent pratiquer une activité physique ou sportive au moins une heure par semaine. Un chiffre stable, qui confirme l’ancrage durable du sport dans le quotidien régional, plusieurs années après les Jeux de Paris.
Ce qui change, en revanche, c’est où ce sport se pratique. Les équipements classiques – piscines, gymnases, stades – restent la porte d’entrée la plus fréquentée : près d’un sportif régulier sur deux s’y rend chaque semaine. Mais ils ne sont plus en situation de monopole, loin de là.
Nature et espace public, nouveaux terrains de jeu
Un tiers des sportifs franciliens réguliers profitent désormais des forêts, lacs et rivières de la région pour s’entraîner, et une proportion comparable utilise la rue et l’espace public comme terrain improvisé. La course à pied et la marche arrivent en tête des pratiques, revendiquées par plus d’un sportif régulier sur trois.
- Près de 1 sportif régulier sur 2 fréquente encore chaque semaine un équipement classique (piscine, gymnase, stade)
- 1 sur 3 pratique en milieu naturel (forêt, lac, rivière)
- Une proportion similaire utilise la rue et l’espace public
- Près de 80 % des sportifs réguliers s’entraînent à moins de 20 minutes de chez eux
Cette dernière donnée est sans doute la plus parlante pour les collectivités : la proximité prime sur la performance des infrastructures. Un Francilien sportif privilégie avant tout un lieu accessible rapidement depuis son domicile, quitte à improviser sur un trottoir ou un chemin plutôt que de parcourir plusieurs kilomètres jusqu’à un équipement dédié. De quoi nourrir les réflexions déjà engagées sur l’aménagement des loisirs et du sport du quotidien, bien au-delà des grands équipements.
Ce que cela change pour les politiques sportives locales
Pour les communes et intercommunalités, ce basculement vers des pratiques informelles et de proximité interroge la manière de penser l’offre sportive. Financer un nouveau gymnase ne suffit plus : sécuriser un chemin forestier, éclairer une piste cyclable ou aménager un point d’eau accessible en centre-ville peuvent avoir un effet tout aussi direct sur la pratique réelle des habitants. C’est déjà la logique derrière plusieurs opérations de sensibilisation au mouvement au quotidien menées ces dernières années, qui misent sur l’accessibilité plutôt que sur la seule multiplication d’infrastructures lourdes.
Cette lecture par les usages rejoint aussi les constats faits à l’échelle nationale sur la progression de la marche et des pratiques libres, qui confirment un mouvement de fond : le sport se glisse de plus en plus dans les interstices du quotidien plutôt que de se cantonner à un rendez-vous hebdomadaire en club. Un phénomène qui touche aussi les usages numériques et de loisirs plus larges, comme le montrent les évolutions récentes autour des nouvelles formes de loisirs à domicile.
Questions fréquentes
Quelle est la source de cette enquête sur les Franciliens ?
Il s’agit de l’enquête sur la pratique sportive des Franciliens (EPSF), réalisée par l’Institut Paris Région auprès d’un échantillon de 2 500 personnes âgées de 18 à 75 ans, interrogées sur leurs pratiques des douze derniers mois.
Les Franciliens font-ils plus de sport qu’avant ?
L’enquête indique un niveau stable et élevé : deux Franciliens sur trois pratiquent une activité physique ou sportive au moins une heure par semaine, ce qui confirme un ancrage durable de la pratique dans la région.
Où les Franciliens pratiquent-ils le plus leur sport ?
Les équipements classiques (piscines, gymnases, stades) restent majoritaires, mais la nature (forêts, lacs, rivières) et l’espace public (rue, trottoirs) concentrent chacun environ un tiers des pratiquants réguliers, avec une forte recherche de proximité avec le domicile.
Sources
- Institut Paris Région – Des lieux multiples, des attentes fortes : où le sport se pratique-t-il en Île-de-France ?
- La Gazette des Communes – En Île-de-France, la pratique sportive est tout-terrain
- Sportmag – Sport : ce que révèle une enquête sur les habitudes des Franciliens
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