Après deux années noires, le secteur du bâtiment respire un peu. La construction de logements neufs en France s’approche du seuil symbolique des 300 000 unités mises en chantier sur douze mois, un niveau plus vu depuis 2023. Ce rebond reste toutefois fragile et très inégal selon les types de logements, et il ne doit pas faire oublier que les permis de construire restent, eux, à la traîne.
Un rebond porté par la maison individuelle
Selon une note du réseau des Cellules économiques régionales de la construction (CERC), relayée par la fédération professionnelle CIBTP Île-de-France, environ 300 000 logements ont été mis en chantier entre l’été 2025 et l’été 2026. C’est un seuil que le secteur n’avait pas retrouvé depuis plusieurs années, mais il reste encore près de 10 % sous la moyenne des cinq dernières années.
Ce frémissement doit presque tout à la maison individuelle, dont les mises en chantier progressent nettement, alors que le logement collectif continue, lui, de reculer. Les professionnels du secteur, suivis de près par nos confrères du Moniteur, rappellent que l’évolution reste heurtée d’un mois à l’autre, avec des à-coups qui empêchent de parler d’une reprise franche et durable.
Permis de construire : la reprise plus timide
Autre indicateur suivi à la loupe : les autorisations de construire, c’est-à-dire les permis accordés avant même le début des travaux. Là, la tendance est moins favorable : sur douze mois, le nombre de logements autorisés reste nettement inférieur à la moyenne de longue période, et certains mois récents affichent même un repli par rapport au mois précédent. Les spécialistes du financement de Empruntis, qui s’appuient sur les statistiques officielles du ministère, soulignent que ce décalage entre permis et chantiers s’explique notamment par un stock de permis en attente accumulé pendant les années de crise, que les promoteurs purgent progressivement sans en déposer beaucoup de nouveaux.
Concrètement, cela signifie que le rebond actuel des chantiers ne garantit pas, à lui seul, une reprise équivalente dans les prochains mois : si les permis ne suivent pas, le nombre de mises en chantier pourrait de nouveau ralentir en 2027.
Ce que cela change concrètement
- Les délais de construction d’une maison individuelle tendent à se stabiliser, les carnets de commandes des artisans du bâtiment restant toutefois sous tension (voir notre article sur la rentrée difficile des artisans).
- Les acheteurs d’un bien neuf peuvent espérer un peu plus de choix dans les prochains mois, sans que cela ne se traduise forcément par une baisse des prix.
- Le financement du projet reste un point de vigilance, notamment pour ceux qui cumulent un achat immobilier avec des travaux de rénovation (voir notre article sur les aides à la rénovation énergétique).
- Pour un investissement locatif, la prudence reste de mise tant que les permis ne confirment pas durablement la tendance des chantiers.
Pour ceux qui ont un projet de crédit immobilier en cours, ce contexte de reprise partielle s’ajoute à des taux qui se sont stabilisés avant de repartir légèrement à la hausse ces dernières semaines (voir notre article sur le crédit immobilier à la rentrée). Il reste conseillé de comparer plusieurs offres avant de s’engager.
Plus largement, ce frémissement de la construction s’inscrit dans un marché de l’immobilier qui cherche encore ses repères, avec des conséquences qui dépassent le seul secteur du bâtiment et touchent aussi l’économie locale de nombreux territoires.
Questions fréquentes
La construction de logements neufs a-t-elle vraiment repris en France ?
Elle se redresse par rapport aux points bas de 2024-2025, avec un volume de mises en chantier qui s’approche de 300 000 logements sur douze mois, mais ce niveau reste inférieur à la moyenne des cinq dernières années.
Pourquoi les permis de construire ne suivent-ils pas la même tendance ?
Une partie des chantiers actuels correspond à des permis accordés il y a plusieurs mois ou plusieurs années. Les promoteurs puisent dans ce stock avant d’en déposer de nouveaux, ce qui explique le décalage entre les deux indicateurs.
Est-ce le bon moment pour lancer un projet de construction ?
Il n’existe pas de réponse unique : cela dépend du budget, du type de logement visé et des conditions de crédit obtenues. Un conseil auprès d’un courtier ou d’un professionnel du secteur reste utile avant de s’engager.
Sources
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale